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En février 2017, Brézillon, filiale de Bouygues Bâtiment Ile de France, a ouvert une plateforme de transit, tri et valorisation de terres polluées à Longueil-Sainte-Marie (à proximité de Compiègne). Ce nouvel établissement d’une capacité de 120 000T par an connaît un succès croissant. Interview  d’Honorine CREPIN, responsable du site. 

 

 

Comment s’explique la montée en puissance de l’activité de traitement des déblais pollués des chantiers dans la région parisienne ?

L’urbanisation croissante nécessite beaucoup de travaux dans les grandes agglomérations et notamment dans notre capitale ; cela se matérialise actuellement par le très ambitieux projet du Grand Paris. Les chantiers nécessitent l’extraction d’une quantité considérable de terre, contenant le plus souvent un ou plusieurs polluants en raison du passé industriel des sites constructibles ou de rejets accidentels.

La mise en décharge directe de ces terres est maintenant heureusement découragée par le manque de place disponible et par une fiscalité dissuasive. Une démarche d’économie circulaire est devenue aujourd’hui indispensable et le prétraitement des terres est une solution économiquement viable. C’est ce que nous réalisons sur notre plateforme BREZILLON, en exploitant nos brevets de traitement sur site.

 

En quoi votre activité apporte une solution au service de l’économie circulaire ?

Nous effectuons du traitement hors site, différent du traitement direct des sols in situ sans excavation. Les terres polluées arrivant sur la plateforme sont prétraitées, analysées par un laboratoire externe agréé et les lots décontaminés valorisés.

En pratique, le conducteur de travaux nous transmet un diagnostic de pollution de ses terres sur la base duquel nous nous engageons sur un prix de traitement à la tonne. Après établissement du certificat d’acceptation des terres (CAP), les terres polluées (contenant souvent des métaux lourds, des hydrocarbures, des solvants chlorés…) sont acheminées sur la plateforme. Par des traitements physico-chimiques adaptés (sous hangars ventilé si les terres sont odorantes), nous transformons ces terres en matériaux à nouveau utilisables en remblais inertes ou en cimenterie. Seule une part très minoritaire concentrant la pollution est mise en décharge à la sortie de la plateforme vers une filière ultime.

Toutes les terres traitées sur la plateforme Brézillon et stockées en lots homogènes de 400T sont analysées par un laboratoire externe agréé avant leur orientation finale. L’ensemble de notre processus est, bien sûr, contrôlé par l’administration, mais également par des auditeurs dans le cadre de nos certifications ISO 14001 et MASE.

 

La réception de tous ces tonnages de terres sur la plateforme ne pose-t-elle pas un problème de circulation de camions ?

Afin de limiter l’impact des camions et notre empreinte écologique concernant le transport des terres, nous avons choisi pour établir notre plateforme un site accessible par voie d’eau (présence d’un bord à quai sur la plateforme sur l’Oise pouvant accueillir des péniches jusqu’à 2 500 T) et à proximité immédiate d’un embranchement ferroviaire (à moins de 2kms de la plateforme). Nous sommes en mesure d’intégrer le transport des terres à nos prix de traitement afin d’apporter notre savoir-faire logistique au Client.

 

Pensez-vous que votre activité de dépollution peut se développer ?

Oui, elle permet de répondre à la demande croissante liée notamment au Grand Paris ainsi qu’aux incitations, via des taxes environnementales toujours plus élevées appliquées aux décharges, à la valorisation des terres polluées. Nous avons lancé les démarches administratives d’agrandissement sur Longueil-Sainte-Marie pour passer de 1,4ha à 2,5ha dès le 1er trimestre 2019 et envisageons d’ouvrir toujours en 2019 un 2ème site dans l’Ouest Parisien.